En 1975, la Commission française de la Culture (future COCOF) décide de créer à Bruxelles un lieu entièrement consacré à la langue française, aux cultures francophones et à la Francophonie. Sous l'impulsion d'André Paris, la Maison de la Francité voit officiellement le jour en 1976. Son ambition est alors claire : offrir aux Bruxelloises et aux Bruxellois un espace à la fois symbolique, culturel et citoyen, consacré à la promotion du français et à la défense des intérêts des francophones.
Installée dans le prestigieux Hôtel Hèle, la Maison de la Francité accueille rapidement plusieurs associations culturelles francophones et devient un véritable carrefour d'échanges, de réflexion et d'initiatives. André Paris en assurera la direction jusqu'en 1986.
À cette époque, les enjeux linguistiques occupent une place importante dans la vie publique belge. La Maison de la Francité s'engage alors activement dans la défense de la langue française et du respect de sa présence dans l'espace public. Son action vise également à favoriser l'émancipation des citoyens grâce à une meilleure maitrise du langage et à renforcer les liens entre Bruxelles et l'ensemble du monde francophone.
Très vite, les activités se développent. Colloques, conférences, expositions et publications se succèdent.
En 1979 nait le service SOS Langage, qui répond aux questions linguistiques du public et demeure aujourd'hui encore l'une des activités de l'institution. Un centre de documentation consacré à la langue française est également mis à la disposition des visiteurs.
En 1982, la Maison de la Francité crée l'Atelier de vocabulaire de Bruxelles avec la linguiste Michèle Lenoble-Pinson. Son objectif est alors de proposer des alternatives françaises aux anglicismes et de mettre en lumière les ressources créatives du français. Les travaux de l'Atelier sont notamment diffusés dans la revue Questions de français vivant, publication consacrée à l'observation de l'évolution de la langue.
Au début des années 1990, la Maison de la Francité amorce progressivement une évolution importante. Sans abandonner sa mission historique de défense du français et des droits des francophones, elle développe une vision plus ouverte et plus dynamique de la langue. Il ne s'agit plus seulement de protéger le français, mais aussi de l'accompagner dans ses transformations et de mettre en valeur sa capacité d'innovation.
Cette nouvelle orientation se traduit notamment par la création de l'exposition itinérante Jeux de langage. Lancée en 1992, elle connait un succès considérable auprès du monde scolaire et du grand public. Fondée sur une approche ludique du français, elle contribue à faire découvrir la langue autrement, par le jeu, l'expérimentation et le plaisir.
L'année suivante, la Maison de la Francité lance la revue Francité. Celle-ci devient rapidement un espace de réflexion, d'information et de débat consacré à la langue française, à la Francophonie et aux enjeux culturels qui leur sont associés. En 1996, l'institution crée également l'Observatoire de la langue à Bruxelles, destiné à suivre l'évolution de la présence du français dans la capitale.
Cette même période voit naitre plusieurs activités qui marqueront durablement la vie de la Maison. Dès 1996 sont organisés des ateliers d'écriture réguliers. En 1997 est lancé le premier concours annuel de textes. L'objectif n'est pas seulement de promouvoir la littérature, mais surtout d'encourager chacune et chacun à prendre la parole, à écrire et à partager son expérience. Au fil des années, ce concours deviendra l'un des rendez-vous emblématiques de la Maison de la Francité et bénéficiera du soutien de nombreuses institutions francophones belges et internationales.
L'année 2000 constitue une nouvelle étape. Alors que Bruxelles est désignée Capitale européenne de la culture, la Maison de la Francité participe activement à cette dynamique à travers plusieurs projets consacrés à la langue française et à la culture francophone.
Au début du XXIe siècle, l'institution poursuit sa modernisation. Tout en restant fidèle à sa mission fondatrice, elle élargit progressivement son champ d'action aux réalités du multilinguisme, de la diversité culturelle et du dialogue entre les langues. Elle contribue notamment à faire connaitre les évolutions contemporaines du français, telles que la réforme orthographique de 1990 ou la création d'équivalents français aux anglicismes.
De nouvelles activités voient alors le jour : tables de conversation, stages de prise de parole, ateliers créatifs, formations, rencontres littéraires, projets pédagogiques et événements culturels. Un public toujours plus diversifié franchit les portes de la Maison de la Francité, reflétant la richesse humaine et culturelle de Bruxelles.
En 2014, l'institution adopte un nouveau plan stratégique qui confirme cette évolution. Dans une ville devenue profondément multiculturelle et internationale, la Maison de la Francité affirme plus que jamais sa volonté de promouvoir une langue française ouverte, accueillante et accessible à toutes et à tous.